
Depuis quand est-il en usage dans les démocraties de confier des tâches de police et de surveillance de la population à des officines privées ?
C’est pourtant bien ce que propose la loi Hadopi, en confiant aux majors non seulement de fliquer les méchants pirates, d’en faire une liste, et de les dénoncer à l’état.
Censurer internet sous prétexte de lutte contre la pédophilie ? Mon oeil. Excellent prétexte pour mettre un flic - virtuel - derrière chaque ordinateur. Une fois le filtrage pédophile en place, il ne restera plus qu’à étendre le spectre de ceux que l’on veux voir disparaitre de l’internet de façon discrète pour, petit à petit, façonner un web comme on a façonné jadis un paysage médiatique.
Comme pour tout en France, on va voir arriver à grands pas un système à deux vitesses : l’internet du pauvre (en matière de compétences technologiques), et celui du riche (de savoirs). Les riches (qui arriverons sans trop de soucis à contourner les système, à coup de proxy anonymes, de filtres P2P et de nouveaux réseaux d’échanges cryptés) auront droit à un accès sans limites à la culture, aux savoirs, aux discussions et aux controverses, les pauvres… n’auront pas grand chose de mieux que ce que proposent les média d’aujourd’hui : la pensée unique, une culture repliée sur elle même, pour qui ouverture rime avec - au mieux - Hollywood, au pire, Derrick.
Dieu merci, je suis riche.




