
Je déjeunais hier avec le patron d’une agence parisienne spécialisée (entre autre) buzz marketing et web 2.0 (ce dont vous vous foutez à priori), et il m’a conté une histoire tout bonnement incroyable… (et d’actualité vu les récentes annonces de Mittal en France)
Il a, parmi ses clients, le célèbre Mittal, celui qui a racheté, dans la douleur, Arcelor, fleuron vieillissant de la métallurgie européenne.
Pour faciliter la transition qui s’annonçait, vu les nom d’oiseaux échangé avant le rachat, très délicat, Mittal à opté pour le web 2.0.
Une WebTV (très pro, on est loin du film amateur sur YouTube, admirez les cadrages) a été monté, montrant les différentes usines, différents interlocuteurs, à tous les niveaux de l’entreprise. C’est déjà assez surprenant.
Cette WebTV est accessible à tous, aussi bien en interne qu’en externe… C’est encore plus surprenant.
Ces video sont ouvertes à commentaires… de plus en plus surprenant… et les commentaires ne sont pas modérés à priori… WOW.
Mais le plus surprenant, la cerise sur le gâteau, c’est que face aux inquiétudes exprimées par bon nombres d’employés dans les commentaires, Lakshmi Mittal en personne est venu répondre.
Non, vous ne révez pas, il ne s’agit pas là d’une startup Californienne fondée par Loic Lemeur qui prône la transparence totale (ce qui est déjà fort), mais de l’un des plus gros groupes industriels de la planète.
C’est tout bonnement incroyable.
Les résultats, qui plus est, sont là : pas de mouvement de grève massifs lors de la fusion Mittal Arcelor malgré des inquiétudes légitimes, et pour couronner le tout, une recommandation d’achat à la hausse de la part de grandes banques d’affaires, citant, entre autre, pour justifier leur avis, la transparence sociale du Groupe.
On a vraiment des leçons à prendre en Inde.






3 Commentaires
je me souviens d’un certain concept, lancé voici quelque temps, en terre de France : celui de démocratie participative… Vu, que c’était une femme qui l’avait énoncé (je n’ai pas dit “créé”) il a bien entendu été raillé, c’est de l’approximation, c’est parce qu’on n’est pas sûr de soi, qu’on ne sait pas où on veut aller qu’on procède de la sorte. Ensuite, quand un certain Président l’a repris pour un certain Grenelle, et une certaine “ouverture”, ça n’a pas été autant dénigré, non, on a loué la volonté de consultation, l’esprit de concertation. Le managment est en train d’évoluer, de plus en plus, et surtout à des niveaux qui sont ceux de “sociétés-entreprises commercialles” aussi importantes, économiquement et politiquement parlant, qu’une “société” au sens d’état-nation. Nous vivons la transition vers un managment “collégial” et “participatif-consultatif”. Il nous faudra sans doute un certain temps, à un niveau social plus “familial”, PME françaises par exemple, pour accepter de ne plus avoir besoin d’un chef tout puissant, responsable, directif… (mâle,dominant,conquérant) qui “assume” un pouvoir, un statut. L’ouverture prônée par certain bateleur… oui, à condition que lui se retire, que son contrôle souverain sur les décisions prises soit remis en cause.
Je suis assez confiant sur la fin du modèle du patron roi tout puissant, la plupart des sociétés dirigées de la sorte foncent joyeusement dans le mur. La théorie de l’évolution Darwinienne s’appliquant aussi à l’économie, le temps fera le reste.
Par ailleurs, de nouvelles sociétés qui auraient très bien pu céder à ce genre de management adoptent une démarche radicalement inverse (Mittal est un bon exemple), montrant, par leur succès insolent, la voie à suivre…
la question reste posée, et le doute entier, quant à la capacité de notre société, française, à s’adapter à ce nouveau modèle, Attali le dénonce (l’élitisme à la française, la “distinction” chère à nos bourgeois et autres “bobos” prétendument révoltés, entrave tout progrès, nous empêche d’ouvrir les vannes), nous le subissons.