La grève de Ladiesroom fait la Une du Monde aujourd’hui…
Manque d’éditorial ? Trêve hivernale ? Volonté pour une institution vieillissante de rajeunir… Le mystère reste entier : pourquoi publier un article ‘à chaud’ un mois après un événement ?
Le Monde, d’habitude, a plus de recul, interroge plus de sources, ils sont… comment dit-on, déjà… ha oui, des journalistes.
Un journaliste, ça croise ses sources, ca vérifie ses infos, et quand ça n’écrit pas un article ‘à chaud’, ça offre à ses lecteurs du recul et de l’analyse (Rappelez vous, les premières conférences de Loic ;).
Là, non. Cet article à soit le ton d’un éditorial qui à été recalé en salle de rédaction, soit tout simplement celui d’un post dans un blog. Il rapporte un fait de façon assez approximative, un ton qui confine à l’opinion personnelle, merci, au revoir, circuler, y’a rien a voir.
Bon, donnons une chance au Monde, je lis ce journal depuis plus de vingt ans, tout comme mon père, et mon grand père avant moi, et c’est tout ce qui nous reste en France, avec le Canard Enchaîné et Marianne, de presse indépendante.
Détrompez-vous, mon intention n’est ni de fusiller Ladiesroom, et encore moins Le Monde, j’exerce juste mon droit constitutionnel de bloggeur de répondre aux média, dans cette période trouble où ceux-ci réalisent de façon violente que les lecteurs ne sont plus ce qu’ils étaient : assoiffés de publicité, prêt à payer un prix indécent pour de l’encre et du bois mort, empressés de donner, aux plus abrutissants, leur précieux temps de cerveau disponible.
Les temps ont changé. La concurrence des bloggeurs oblige les journalistes a faire preuve d’un professionnalisme absolu, sous peine de voir leur média mourir… au profit, justement, de système collaboratifs comme Ladiesroom ou Agoravox.
Reprenons cet article, voulez vous.
Les mouvements de grève gagnent Internet. Le site Ladiesroom.fr, qui se qualifie de “premier magazine féminin à lire et à écrire”, vient d’en faire l’expérience.
D’entré, le ton est donné, les sites d’info collaboratifs comme Ladiesroom sont une menace pour la presse traditionnelle, et ca fait peur (aux journalistes, aux medias, et à leur économie moribonde). A priori négatif de la part du Monde ? Quand on sait qu’ils sont à l’initiative du site Web 2.0 “Le Post“, dont le concept collaboratif est très proche de Ladiesroom, on peut tout de même se demander s’il reste un esprit de corps derrière ce canard, non ?
Raison de cette rébellion ? Une collaboratrice du site, plus curieuse que les autres, s’est interrogée sur l’instigateur du projet. Elle a découvert qu’il s’agissait d’une agence de communication, en l’occurrence la société Heaven. Or, dans la rubrique “A propos de Ladiesroom”, espace consacré à la présentation du “qui fait quoi” d’un site, il n’en était pas fait mention. Ce manque de transparence a choqué d’autres contributrices. Elles se sont jointes à cette protestation qui a débouché sur une grève.
Là, on est dans le classique du journalisme, l’évènement est rapporté de façon succinte et claire, rien a dire.
Sur les 400 membres de Ladiesroom envoyant des contributions, une cinquantaine était en grève”, précise Arthur Kannas, cofondateur de l’agence de marketing d’influence Heaven
Là, ca commence a partir en couille (oui, moi, je suis un bloggeur, je peux utiliser de telles expressions).
Pour avoir parlé longuement avec Arthur de l’incident, il est tout a fait clair, tant du coté de Heaven que du coté des grévistes, que le mouvement ne concernait qu’une bonne douzaine de personnes, pas plus. Alors, pourquoi ce chiffre de cinquante ?
Deux explications me viennent à l’esprit.
Pour comprendre ma paranoia, je pars du constat suivant : en temps normal, une grève de douze ‘collaborateur bénévoles’, sur un total de plusieurs centaines, devrait passer totalement inapercu, or là, c’est tout le contraire. Les commentaires sur les billets sont passés d’une centaine en moyenne à moins d’une dizaine, le niveau éditorial s’est cassé la gueule, même si Ladiesroom s’en remettra, c’est un vrai coup dur. Tout cela car dix bénévoles se sont mis en grêve. Incompréhensible pour quelqu’un qui n’est pas familier avec le web 2.0 (c’est le cas de Laurence Girard, la journaliste du monde, spécialiste des média et de leur économie, mais certainement pas d’internet).
Hypothèse 1 : Votre ignorance est ma force.
Heaven, en communiquant, pourrait maximiser le nombre de grévistes afin de minimiser les effets pervers du web collaboratif (ce type de système, on l’a vu avec Digg ou Wikipédia, est plus proche de l’Oligarchie que de la Démocratie, Digg en a fait l’amère expérience cette année en essayant de censurer ses propres contenus, Ladiesroom vient d’en faire les frais en se brouillant avec son Oligarchie naissante).
En communiquant de la sorte, Heaven noierait le poisson, et surtout, détourne l’attention sur la chose la plus importante a retenir de cette grève : tous les utilisateurs d’un système web 2.0 sont importants, mais certains sont plus importants que d’autres, un petit noyau peut mettre une pagaille pas possible : on ne gagne pas des contributeurs comme on gagne des parts de marché ou des points d’audimat, c’est plus compliqué, on est dans la création d’un système social dont on ne peux garder le contrôle (à moins de se comporter en dictateur, ce qui n’attire pas les foules).
Se lancer dans une telle aventure, c’est prendre de gros risques, or, en France, on évite tous les risques, c’est même dans la constitution. Moralité : si vous le faites, planquez-vous ou émmigrez.
Hypothèse 2 : Les grèves, je connais
Plus vraisemblable, l’hypothèse d’une journaliste habituée à ce genre de “metrics”, et qui part du principe que les chiffres communiqués par Heaven sont faux, y applique un ajustement, et arrive à cinquante grévistes. Si la préfecture de police de Paris lui avait communiqué un nombre de manifestants, elle aurait fait de même. Un erreur qui aurait pu être évité soit en croisant les sources, soit en faisant appel à quelqu’un de compétent en matière de web 2.0.
Continuons, voulez vous…
“Conscient du risque de propagation des critiques sur Internet, [Heaven] a appliqué les méthodes de gestion de crise qu’il préconise habituellement à ses clients.”
MDR, comme disent les d’jeuns. Heaven a mis plus d’une semaine pour réagir, à part Perrier et la crise du benzène qui date d’une douzaine d’année, c’est difficile de faire pire.
En même temps, il y a un département de gestion de crise chez Heaven, donc ça là fout mal.
A mon (pas si humble) avis, l’équipe de Ladiesroom a trop tardé a faire part au reste de Heaven du problème, Heaven n’a pas voulut être interventioniste dans un projet naissant, et boum.
Une fois de plus : transparence, transparence, transparence… C’est n’est pas tant que c’est la bonne chose à faire, c’est simplement qu’il n’y a vraiment rien d’autre de faisable.
“Heaven […] justifie cet “oubli de présentation” [ndlr: de transparence], par la précipitation avec laquelle le magazine en ligne a été lancé, fin septembre.
Un design super léché, un site qui - pour une beta - fonctionne très bien, qui représente, au bas mot, 4 à 6 mois/homme de travail rien que sur le plan technique et graphique, et ils n’ont pas eu le temps d’écrire une petite page de présentation ?
Arthur, m’a répété cette même ineptie lors de notre rencontre, et sincèrement, c’est, en deux heure de conversation, le seul moment où j’ai eu la nette impression que tu me/te mentais.
Les sites ont une page ‘A propos’ depuis maintenant quinze ans, et l’une des plus grandes agence web de Paris l’a tout simplement oublié ??? Je n’y crois pas une seconde. Il y a eu là une claire volonté de passer sous le radar.
D’ailleurs, à l’heure où j’écris ces lignes, il n’y a pas non plus de page ‘A propos’ sur Bienbienbien.net, du même éditeur, et fonctionnant sur des principes similaires… Précipitation ? Oubli ? Floutage de gueule ?
“Pour tenter d’éteindre le feu, il a décidé de passer du virtuel au réel. Il a pris rendez-vous avec les protestataires les plus véhémentes, puis a organisé à Paris une soirée où elles se sont rencontrées.”
Faux, faux et faux, une seule gréviste s’est rendue a ce rendez vous, les autres l’ont boycotté.
“Ladiesroom se définit comme un réseau social et un magazine collaboratif. Il dépend donc essentiellement du bon vouloir des plumes du Net, gracieuses évidemment. Toutefois, pour s’offrir une vitrine, le site a noué des liens avec des blogueuses de renom comme Cachemire & Soie, Garance Doré, Talonnette ou Fragola qui, elles, sont rémunérées.”
Le coup des bloggeuses payées, au passage, faisait parti des informations que Ladiesroom a tout simplement oublié de préciser lors des premiers mois de fonctionnement du site… Et c’est aussi l’un des point qui m’a le plus intéressé dans l’aventure Ladieroom. Bien que disposant d’une équipe éditoriale ‘semi-pro’, celle-ci s’est vue totalement dépassée, en terme qualitatif et participatif (billets et surtout commentaires) par les bénévoles. D’où l’impact de la grève.
“Quel sera le destin du site Ladiesroom ? “La plate-forme pourra être vendue à une marque, à un groupe de média ou vivre de son modèle publicitaire”, affirme M. Kannas”
Là, pour le coup, on est dans la transparence, c’est le même discours auquel j’ai eu droit lors de mon entrevue avec Arthur, et celui-ci est parfaitement sincère.
Ne pas disposer d’un modèle économique clair ni même d’une ‘exit strategy’ limpide est inhérent à ce type d’aventure, ça fait parti du fun et du stress des startups. Ladiesroom pourrait etre vendu à L’Oréal, cédé à un groupe de presse traditionel, servir à valoriser la société Heaven lors d’une fusion-aquisition, devenir une société à part entière et être introduite en bourse… Pour l’instant, rien n’est clair, et ça, c’est de la transparence.
Seul hic : elle est, en France, inacceptable… Mais là, on peut difficilement le reprocher à Arthur et Heaven, le problème est ailleurs.
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UPDATE (le 29 dec à 1h20am, J+10h) : On en parle sur Ladiesroom, et ca donne une bonne idée de ce qu’il s’est passé il y a un mois : un refus de l’équipe éditoriale d’engager un dialogue sur les questions qui dérangent. Voir ce post sur l’article du monde, et celui ci où les dissidents d’Epidemik, site créé par les grévistes de Ladiesroom se crèpent le chignon avec la rédaction.
NOTE PERSO : Bon, faudrait tout de même pas accabler Ladiesroom, essayez d’imaginer la réaction de la rédaction de Elle si on pouvait l’interroger publiquement, au sein du magazine, sur sa collusion avec l’industrie du luxe / L’Oréal / le pouvoir / Carla Bruni /…
NOTE PERSO 2 : Avec tous les projets Web 2.0 qui trainent dans les groupes de presse en ce moment, ça doit en faire flipper plus d’un.
NOTE POUR NOS CLIENTS : Arrêtez de nous demander coment maitriser le Web 2.0, si Kevin Rose lui même n’y arrive pas, comment pouvez vous croire que vous y arriverez. Le marketing est mort, et la mentalité qui va avec aussi, THINK DIFFERENT.

39 Commentaires
Moi je lis toujours Libé (petite aparté). Merci pour ce post clair et intelligent. Kannas ne veut-il pas précipiter la fin de LR, d’où la raison de cet article?
Mais pourquoi Diable vouloir euthanasier Ladiesroom ? Non, au contraire, avoir une citation dans le monde, positive ou negative, c’est toujours de la pub.
Cette crise de confiance n’est pas réglée, mais ils s’en sortiront, j’en suis sur.
Par ailleurs, remettons les choses à leurs place : les journalistes de magazine féminins sont corrompues à coup de cadeaux, leurs ‘articles’ sont dictés par les annonceurs ou les intérets financiers des groupes qui les possèdent, ce n’est pas comme si la presse papier, dans son immense majorité, pouvait se drapper dans son éthique (Le Monde étant une exception notable)
tout est corrompu… et c’est pour çà que la grève de LR a eu lieu, pour sortir de cet empressement de tous à ne faire que des choses “qui rapportent” (gros, si possible), et pour faire que nos délires, coups de gueule, prises de postions et autres tranches de vie restent gratuites et incontrôlables.
Ce réchauffage tient sans doute au “vide” de cette période de fin d’année. Ce qui est dommage c’est que l’article ait été publié sans être finalisé. mais ca en rajoute une couche chez LR, et çà, c’est toujours bon à prendre : leurs conneries du début, leur manque de transparence, leur collera longtemps à la peau.
J’ai beaucoup apprécié ton billet. Je me suis sentie, comment dire, euh, concernée.
C’est fou, hein, entre les oublis initiaux de page de présentation, les cafouillages successifs et aujourd’hui les problèmes techniques pour se connecter sur Ladiesroom (le hasard est un sacré comique !), ben c’est pas de bol tout ça.
Parce que Ladiesroom “rencontre actuellement des difficultés technique”. Ah ben si la technique s’en mêle, où va-t-on, bon sang ?
Intéressant décryptage. Juste j’ajoute que douze collaboratrices “grévistes” sur 400 qui suffisent à semer la pagaille, ça ne m’étonne guère si les 388 qui restent sont comme moi. Inscrite mais ne fréquentant que peu le site et y postant encore moins. Un peu utilisatrice fantôme, quoi…
Merci pour le cours de journalisme appliqué et la leçon de web 2.0 mais il me semble, mon bon Boin, que vous gagneriez à produire davantage et critiquer un peu moins.
J’éviterai de vous citer à ce propos le mot quelque peu galvaudé de Destouches (vous savez, la critique est aisée, tout ça), mais je ne résiste pas au bonheur de convoquer une expression proverbiale et d’énoncer avec elle: petit faiseux, grand diseux, petit diseux, grand faiseux.
Non parce que, franchement, le moins que l’on puisse dire, c’est que vous vous payez un melon, mais alors un melon, un machin gros comme une pastèque, un truc comme j’en ai rarement connu, bref un melon considérable.
Rendez-vous compte qu’en quelques lignes mal léchées vous venez de vous payer rien de moins que de faire la leçon à une institution médiatique française et une agence de com’ tout à fait florissante. Permettez-moi du coup de questionner le magister qui est le vôtre en la matière ainsi que vos motivations véritables.
Vous semblez en effet prendre l’affaire très à coeur alors que nous ne savons pas clairement en quoi tout cela vous concerne.
C’est à se demander d’ailleurs si vous ne nourrissez pas quelque intérêt concurrent ou quelque frustation ou jalousie à l’égard des deux sociétés brocardées. Une vocation de journaliste avortée, peut-être,un projet concurrent à Ladies Room en gestation?
Au demeurant votre analyse du phénomène me semble assez faible (vous surinterprétez en effet à l’envie et voyez des intentions où il n’y a probablement que de l’à peu près et une réalité de terrain là où il n’y a que du discours marketing), mais je dirais presque: peu importe. L’essentiel n’est pas là. Je suis en fait tout bonnement estomaqué par tant d’outeduicance.
Faut-il que je précise n’avoir évidemment aucune part dans le Monde ni dans Heaven?
Hô Disciple, gentil disciple, comme votre commentaire me ravi.
Par quoi commencer, j’hésite.
Bon, tout d’abord, je vous crois bien sincère, et je doute que qui que ce soit chez Heaven n’aurait ce ton dans un commentaire. Je veux bien croire que vous ne soyez pas du Monde, pas sûr que vous ne soyez journaliste, mais vous avez une plume, c’est certain.
Qui suis-je pour questionner le Saint des Saints, Le Monde… mon Dieu, oui, mais qui suis-je ?… un simple citoyen, un vulgaire consommateur, une merde…
Oui, mais voilà, On a pris le pouvoir.
C’est l’un des aspect marrant du web 2.0. Le web 1.0 avait chamboulé les règles de l’économie, le web 2.0 le fait avec le social et ce qui la structure : la culture, les média, les loisirs… C’est très drôle à observer, ce qui est l’une de mes grandes occupations, et assez marrant à commenter, et comme j’ai un humour assez cinglant, parfois, je me lâche.
Comprends moi bien, cher Disciple, ce n’est pas tant que je sois méchant, mais le blog a toujours été un problème pour moi.
Observer le phénomène, je l’ai toujours fait, mais ‘faire’, ça m’a toujours… comment dire… cassé les couilles. J’ai comencé un blog ‘perso’ en 2004, qui a vécu près de deux ans, mais bon, raconter ma vie perso… pas mon truc… faire un blog de passionné, pas le temps, quant à un blog pro, j’ai longtemps écrit networking-social.com, mais la discipline de bloggeur est celle d’un écrivain… pas facile… pas le temps… d’autres comme Fred Cavazza ou Emmanuel Parody le font bien mieux que moi…
Du coûp, ben je fais de temps à autres des posts ici, en essayant de mon mieux, de m’amuser.
En dehors de ça, j’assume totalement, il arrive trop souvent au Monde de faire de la merde (bon, pas tous les jours, faut être honnete, mais je me souvient d’un édito pourri cet été sur les Vélibs qui m’avait rendu furieux, et qui avait déclenché un torrent d’injures dans les commentaires réservés aux abonnés). A leur crédit, ils ont tenté pas mal d’experiences sur le web 2.0 et en ont réussit plus d’une.
Voila pour ta première remarque, cher Disciple, si ça ne te suffit pas, fait comme tout le monde, Google-moi, écris moi, vient prendre un verre…
Pour ce qui est de mes projets futurs, concurrents à Ladiesroom, c’est pas que ca ne me tenterait pas, bien au contraire, je trouve ce genre d’aventures passionnantes, et celle de Ladiesroom très intéressante - quoi qu’on en dise - mais j’ai d’autres trucs sur le grill en ce moment qui n’ont vraiment rien à voir… désolé.
Pour ce qui est de ma vocation ratée de journaliste, ben si, vous avez mis dans le mille.
Touché.
J’ai eu, tout au long de ma vie, plein de vocations. J’aurais bien aimé être journaliste, j’ai eu la chance d’en rencontrer pas mal, que ce soit dans un cadre professionnel ou privé, c’est un boulot vraiment passionnant, plein de gens eux même passionnants, oui, ça m’aurait bien plu.
Si tu veux tout savoir, cher Disciple, j’aurai aussi beaucoup aimé être architecte. J’adore l’architecture, je me serait éclaté. Les architectes sont des fous, créatifs, imaginatifs, vivant dans un monde de contraintes à dépasser… j’aurais adoré bosser avec des gens comme ça… heu… attends… je bosse avec des gens comme ça… enfin… j’aurais vraiment aimé être architecte.
Le problème, cher Disciple, c’est que si je dessine les plans de ma maison, j’ai de bonnes chance de faire une catastrophe, je ne peux pas jouer à être un architecte.
Un comble, quand on sait que je peux jouer à être un tireur d’élite, à être un elfe, ou même à être un journaliste, grâce aux blogs. C’est-y pas génial le web 2.0 (et la Xbox) ?
Enfin, pour ce qui est de prendre l’affaire très à coeur, encore touché, mon Disciple, décidément, tu est très fort.
Ma compagne, ma moitié, la femme qui partage ma vie, fût l’une des grévistes de Ladiesroom, j’ai entendu parler de ladiesroom puis de cette grêve tous les soirs au diner, parfois au réveil (comme ce matin), diné avec NC (une autre gréviste), dialogué avec pas mal d’entre elles par email… pour finir par leur installer leur propre blog afin qu’elle fassent leurs délires de leur coté. Tu peux aller voir, cher Disciple, ça s’apelle Epidemik.fr.
Du coup, cher Disciple, je suis confronté à un dileme Cornélien.
Faire de la lèche à mon milieu professionel, et fermer ma geule, ou tout du moins la faire soft ?
C’est la solution de la raison.
Mes amis, parmis lesquel je compte un baron de la blogosphère, ne s’emballent pas sur le sujet, et ils ont raison.
Heaven est un argentier qui compte dans la bloggosphère, régie pub, contenus, ils sont partout, et ils sont bons. Pourquoi cracher dans la soupe ?
Mais si je fais ça, si je fais de la lèche, mon Disciple, je passe vraiment pour une merde auprès de ma gonzesse, et ma vie de couple, qui n’est pas facile tout les jours, va en patir (va donc lire epidemik.fr, tu va comprendre).
Donc oui, mon cher Disciple, pour reprendre tes mots, que je me permets humblement d’emprunter, je prends l’affaire bien à coeur, au sens litteral.
Ravissant commentaire du Disciple, en effet, M. Boin.
Le fond donnait bien sûr à réfléchir, et j’y ai prêté grande attention, vu que moi aussi je me sens concernée et que je prends les choses très à coeur… Euh, Le Disciple, si je vous jure que je prends les choses TRES TRES à coeur, est-ce que j’aurai droit moi aussi à une jolie petite lettre toute verbeuse genre “je me suis échappé d’un Lagarde et Michard” ? Est-ce que vous m’offrirez aussi du melon ? J’apporte le jambon, c’est dit, on tope ?
Oui, je prends les choses à coeur, et pour cause : je suis la contributrice dont parle la journaliste du Monde, celle qui dans un élan fougueux s’est interrogée sur le fonctionnement de Ladiesroom… L’emmerdesue qui constate, mi-amusée mi-navrée, l’exhumation pour autopsie de ce cadavre en décomposition qu’est l’événement du 22 novembre 2007.
Alors le Disciple, je conçois votre point de vue, et bravo pour ce ton très Comtesse de Ségur : je nourris une tendresse particulière pour les gens qui se donnent la peine de poster des commentaires condescendants en adoptant un style ampoulé des plus drôles… Eh oui, je suis une tendre, moi !
Sinon, mon opinion est la suivante : en tant que protagoniste, bien malgré moi, de cette déplorable polémique, je trouve agréable que des gens comme M. Boin prennent la peine d’apporter un éclairage différent de la propagande vomie par Heaven : les comptes rendus des présentations de Ladiesroom faites par Arthur Kannas sont d’intéressantes farces dans lesquelles il est question d’une grande aventure humaine, j’entends presque résonner la musique de Woodstock. Que M. Boin et d’autres bloggeurs - qui partageraient donc tous la même faiblesse si l’on vous croit - nous fasse profiter de leurs analyses est donc, à mon sens, précieux.
Les enjeux personnels dont parle M. Boin sont de ceux que l’on peut aisément comprendre car tout le monde connaît des petits déjeuners difficiles au cours de son existence… Je suis mariée depuis 14 ans, c’est dire si je me sens solidaire !
Mais au-delà de cette boutade (mince, c’est pas l’heure de bouter ?), je dirais que j’ai lu pas mal de conneries au sujet de ce problème chez Ladiesroom depuis le mois de novembre. J’en ai entendu aussi, et étant au fait des tenants et des aboutissants, j’ai eu la chance d’être bien informée, de même que M. Boin dont on ne peut nier la solidité des sources, ni d’ailleurs la pertinence, au passage.
Alors sachez que lorsque je lis M. Boin, après avoir entendu les énormités que Monsieur Kannas m’a débitées de vive voix, après avoir lu et relu les mails reçus de Mme Anne Humbert, rédactrice en chef de ce magazine et fâchée avec l’orthographe et la grammaire (sacré métier, le journalisme !), oui, j’apprécie énormément ce qu’écrit M. Boin.
Votre commentaire était cependant très divertissant : vous citez avec fougue, vous convoquez des proverbes (dites-donc, vous êtes rude avec eux, mais l’amour de la formule fait parfois faire des folies…), mais, oh, ce n’est rien, juste un détail qui me chagrine… Permettez, Le Disciple, pour vos futures envolées : “à l’envi” ne prend pas de “e”.
Psychorigide.
Je ne me soigne même pas.
Mmmm, c’est bon…
Pourquoi nous dire que le sujet a fait la Une du Monde ? Cette information n’est pas mentionnée en Une de l’édition datée du 28 décembre. Il y a simplement un petit article en page 21…
autant pour moi Gilles, je faisais référence à l’édition electronique d’hier matin, à laquelle je dois un réveil agité. Dans la version papier, que je ne lis plus depuis bien longtemps, l’actualité du jour a bien sûr relégué l’article à une place plus réaliste. Même dans la version electronique, le sujet a rapidement repris une place secondaire, reléguée en bas de page, dans la rubrique Média.
Une journée ordinaire dans la vie de Mr Boin:
07h00 (euh non, 08h00, ‘faut pas pousser, 09h00? 10h00?). Bref. La sonnerie du réveil 2.0 retentit tôt ou tard dans l’appartement qu’il partage avec Mekameta et Bidule. Mr Boin éructe un grognement sourd à mi-chemin entre l’ours plantigrade et la marmotte amoureuse. “Euh, dis chérie, t’irais pas me préparer un café 2.0 amélioré de tartines à la confiote 2.0?”. Mekameta, sans sortir de la couette ni même prendre la peine de se retourner: “Je te préviens que t’as plutôt intérêt à aller te les préparer toi-même, tes tartines, et plus vite que ça, encore, si tu veux éviter de goûter à ma mandale 2.0.” L’ego boosté par ce petit succès domestique, notre homme enfile ses charentaises 2.0 et se dirige à petits pas trotte-menus vers sa cuisine 2.0 (euh non, une cuisine Schmitt, en fait). Là il utilise son droit consitutionnel de blogueur 2.0 pour se faire griller deux belles tartines de pain brioché. Tout en sirotant son café crème il se dit que, décidément, c’est bon d’avoir pris le pouvoir et qu’il incuberait bien une ou deux start-up supplémentaires aujourd’hui. « Non, se ravise-t-il en mâchonnant son pain brioché, je crois que je vais plutôt faire un peu de networking social, tout compte fait». « Networking, incubation de start-up? Tout dépend bien-sûr de ce qu’en diront les business angels, balance-t-il encore sous la douche. - Mazette! S’enthousiasme-t-il en apercevant son reflet dans le miroir à demi envahi de buée. Je suis quand même gaulé comme un elfe architecte tireur d’élite de la blogosphère 2.0. - Il faut que j’appelle le grand argentier du net, argumente-t-il en achevant de se sécher les cheveux. Lui, c’est sûr, pourra m’aider à prendre une décision. - A moins que je n’en parle à mon pote baron de la blogosphère, poursuit-t-il en enfilant son peignoir et en s’asseyant sur le trône. » A cet instant Mekameta passe une tête furibarde dans la salle de bain, déjà vêtue de pied en cap et manifestement sur le départ: « Tu n’es pas encore habillé? C’est quand même dingue ce que tu peux lambiner le matin. Bon, quand tu seras décidé à te sortir les doigts du c… 2.0 qui te sert de séant, tu penseras à me torchonner une de ces petites notes pontifiantes dont tu as le secret pour fusiller le vilain journal et le méchant site qui m’ont fait, qui m’ont fait quoi au juste? On s’en fout, d’ailleurs, ’sont pas gentils, c’est tout. » « Euh, oui, bien-sûr chérie, répond piteusement mister Boin. » Mekamata, bien entendu, est partie sans attendre sa réponse.
12h00. Notre ami s’assied devant son ordinateur. « Je suis James Bond, je suis Hitman, je suis Jojo La Frite, je suis Legolas, je suis Oscar Niemeyer, s’encourage-t-il. » En quelques clics, hop! le voilà sur boinblog.com. Un clic de plus, « éditer une note », et nous le retrouvons en arrêt, les doigts suspendus au dessus du clavier, cherchant l’inspiration, le »commentaire de texte pour les nuls » sur les genoux.
19h00. Mekameta est de retour. Elle trouve son compagnon dans la même position qu’à midi, suant, tremblotant, le peignoir comme une éponge saturée, les aisselles à serpillère tordre, en quête déespérée d’une exit stratégie pour se débrouiller de la situation. « Alors, cette note, elle est torchée? - Bah, euh, c’est à dire ma chérie, bafouille Mister Boin – Quoi? - Je suis pas trop sûr que mon post s’inscrive vraiment dans l’esprit du web 2.0, tu vois. Ca fait plutôt genre damoiseau de la blogosphère, style marquis du web 1.0. Pas facile, quoi. - Je ne veux pas le savoir, rugit Mekameta. Tu viendras te coucher quand tu auras terminé. »
02h00. Mister Boin se glisse discrètement sous les draps en ayant garde de ne pas réveiller sa compagne. Celle-ci le surprend néanmoins et lui décoche une gifle formidable qui laisse notre ami un peu bête et sonné. “Règle de base de la vie conjugale 2.0, conclut-elle: la transparence. C’est quoi, ces vieux Playboy que j’ai trouvés sous le lit? »
Bon, voilà pour la pochade. J’espère que vous aurez suffisamment d’humour pour en goûter le sel parce que franchement, mon bon Boin, vous vous payez d’un si grand nombre d’expressions jargonnesques emphatiques et vides de sens que je n’ai pas pu résister.
Le fond, à présent.
« Qui suis-je pour questionner le Saint des Saints, Le Monde… mon Dieu, oui, mais qui suis-je ?… un simple citoyen, un vulgaire consommateur, une merde…
Oui, mais voilà, On a pris le pouvoir. »
Ne soyez pas ridicule. Vous savez bien que tel n’était pas le propos de mon post de remettre en question votre liberté d’expression. Mais outre que vous convoquez des arguments un tant soit peu démesurés (« mon droit constitutionnel de blogueur ») vis à vis de l’enjeu et surtout de votre propos, il me semble qu’entre donner son opinion sur un sujet et faire la leçon aux protagonistes, il y a tout de même un pas.
Je veux dire, par exemple: « cet article à soit le ton d’un éditorial qui à été recalé en salle de rédaction, soit tout simplement celui d’un post dans un blog ». Mais enfin, pour qui vous prenez-vous? Avez-vous quelque expérience de rédaction à la tête d’un grand journal à faire valoir pour décider ainsi de ce qui a l’odeur d’un éditorial recalé? Si tel est le cas je serais bien curieux de la connaître. Il eût été bien différent d’écrire à la place: « cet article me semble mauvais, pout telle raison [argument 1] et telle autre [argument 2]. »
Autre morceau choisi: « D’entré, le ton est donné, les sites d’info collaboratifs comme Ladiesroom sont une menace pour la presse traditionnelle, et ca fait peur (aux journalistes, aux medias, et à leur économie moribonde). » Oui, je veux bien, vive le web 2.0 et la cyber-économie, tout ça. N’empêche.Le respect des aînés n’a jamais nuit aux forces vives. Au reste, ladite écononmie moribonde a autrement plus de bouteille que celle qui semble vous agir. Faudra-t-il vous rappeler l’effondrement de la fameuse « bulle internet » (même si j’en conviens, les conditions n’étaient pas les mêmes, évitez-vous à ce sujet un laïus inutile) pour vous inciter à davantage de modestie et de mesure?
« Là, on est dans le classique du journalisme. » Vous vous y entendez, donc? Moi, je veux bien, mais jusqu’à présent on n’avait pas remarqué.
« MDR, comme disent les d’jeuns. Heaven a mis plus d’une semaine pour réagir, à part Perrier et la crise du benzène qui date d’une douzaine d’année, c’est difficile de faire pire. » Vraiment dommage que vous n’ayez pas été là pour les éclairer de vos conseils avisés.
« Arthur m’a répété cette même ineptie lors de notre rencontre, et sincèrement, c’est, en deux heure de conversation, le seul moment où j’ai eu la nette impression que tu me/te mentais. » Ah, parce qu’en plus vous êtes rompus aux techniques d’interrogatoire des services secrets et vous savez déceler quand une personne vous ment. Décidément vous êtes un homme précieux.
Bref, j’en passe et j’en passe. Je pense que vous aurez saisi l’idée force de ma critique à votre post: le melon prodigieux qui est le vôtre.
Continuez-donc à nous faire partager votre opinion, mais de grâce redescendez un minimum de votre ton de maître d’école condescendant ou soyez pour le moins conscient que vous en usez à votre plus grand ridicule.
Pour l’andectote, et dusse votre sagacité en être égratignée je ne suis pas davantage journaliste qu’actionnaire ou employé d’Heaven. Je suis un scientifique. Vous savez, la science, l’étude des faits objectifs, tout ça, ce vieux machin 0.0.
Cher Disciple, décidément, que de dévotions, vous me faites bien des honneurs à tant d’offrandes littéraires.
Décidément, vos écrits sont délicieux, votre plume affûtée, c’est un régal.
Par contre, deux commentaires (aux tons différenciés, appelant de facto deux réponses), me font tomber dans une certaine perplexitude : faut-il vous répondre dans un commentaire, deux, un nouveau post…
Si vous aviez un blog, nous pourrions nous livrer à une joute verbale par trackbacks interposé, c’eut été délicieux, mais voilà, l’anonymat a ses contrainte, je ne sais que peu de chose de vous, alors que vous connaissez, de toute évidence, bien mon intimité (et même le nom de mon chat, c’est dire).
Vous êtes, cher Disciple, un habitué de l’écriture (on arrive pas à une telle maitrise sans s’y être longtemps exercé), scientifique, donc, plus agé que moi, 50, 60 ans, j’imagine (je m’approche moi même de la quarantaine, que voulez vous, on ne rajeuni pas)… vous ne me laissez comme moyen de contact dans vos commentaire qu’une adresse imaginaire et poétique, et votre IP bien sûr, qui ne m’apprends guère…
…si ce n’est que Melun vous est proche, et que vous habitez à coté d’une rivière, dans un endroit probablement très bucolique et propice aux longues méditations.
Ceci dit, votre exposé de ma misérable existence, tout comme votre premier commentaire, recèle bien des vérités, que je me dois de vous révéler, la transparence étant – cette fois-ci je me cite moi même, vous allez adorer – la seule chose qu’on puisse faire.
Autant vous dire que quand mon réveil sonne a 7h du matin, c’est que j’ai soit un client à voir avec qui je n’ai pas réussi à négocier un rendez vous plus tardif, soit quand j’ai un avion à prendre. En temps normal, à cette heure, je dors.
Je n’arrive habituellement au bureau qu’aux alentours de 10h, cela m’évite les heures de pointe dans le métro, rendant de facto ce moyen de transport bien plus sympathique qu’il ne l’est pour tous ceux, que je plains, qui l’utilise entassés aux heures de pointe tous les jours.
Mais je m’égare, cher Disciple, la vérité, c’est que mon réveil est calé sur 9h, sauf le week end, où il ne sonne pas.
Quant à savoir si on peut le qualifier de 2.0, là, j’hésite.
Si j’avais été l’heureux possesseur d’un iPhone, je vous aurais répondu oui sans hésiter, par simple fanatisme, juste comme ca, gratuitement.
Mais peut-on raisonnablement considérer un Sony w810 comme un téléphone 2.0. A mon sens, non. Comme il me sert de réveil, je dirais que non, mon réveil n’est pas 2.0, mais que je compte bien y porter remède, j’attends juste la prochaine génération d’iPhone, 5M pixels, 3G, c’est de toute evidence, une question de mois, moins d’une année, sans aucun doute.
Bingo, c’est exactement ca. Mekameta, ma compagne, qui est à mes coté à l’heure où j’écris ces lignes, à mis au point, elle qui me fréquente depuis de longues années, des expressions très similaires pour qualifier mes phases de réveil.
Effectivement, si je me risquais à demander cela à Mekameta le matin au réveil, ceci serait très vraisemblablement proche de sa réaction.
Croyez moi bien, cher Disciple, que face à de telles menaces de violence domestique, j’ai vite appris à fermer ma gueule et à filer doux.
Le matin, je me débrouille tout seul pour mon petit dejeuner (inexistant, la plupart du temps), et le week end, c’est moi qui descends chercher les croissants (sauf aujourd’hui, exception notable).
Malheureusement pour moi, je n’ai plus depuis longtemps de petits succès domestiques, après tant d’années, l’adversaire connaît tous mes trucs, et ne manque pas de cervelle : les seules batailles remportées le sont de haute lutte.
Là on est vraiment dans le scénario week end, parce qu’en temps normal, c’est un café, une douche, et métro. Par ailleurs, cher Disciple, sache que je prends mon café noir avec deux sucres. Si on a l’occasion de se rencontrer (et ce serait, sincèrement, avec grand plaisir), cette information personnelle pourrait s’avérer utile.
Là on est reparti sur le mode de fonctionnement de semaine (bien qu’il m’arrive de faire ca le week end aussi). C’est bien résumé, même si cela trahit un regard extérieur au milieu, vous en connaissez les acteurs et leur articulation. Du coup, vous extrapolez à merveille les doutes et interrogations qui assaillent un entrepreneur de la net économie - et nous sommes des centaines dans ce cas là - confronté à son esprit embrumé par un réveil (2.0) trop brutal. Cela peut donner ce type d’abîmes intellectuelles le matin, sous la douche, je vous le concède.
Pas vraiment, en fait, Mekameta n’ayant pas de bureau, c’est plutôt moi qui me barre au plus vite le matin, sous peine de subir les foudres de l’hydre qui n’est pas, elle non plus, de bonne humeur le matin.
Ha que j’aimerais pouvoir occuper mes journés à cela, mais vois tu, cher Disciple, je travaille dans un immense open space où se mêlent tout plein de sociétés branchouille de la com’ et du net. Une ambiance fort sympathique, peuplée de jolie filles et de beaux garçons, jeunes et dynamiques, mais qui empèche radicalement de passer son temps à faire des conneries durant une journée de travail.
Au final, c’est une chance, car sans cette auto surveillance bienveillante et productiviste pas le groupe, je passerai, vous avez raison, bon nombre de journés à glandouiller et à écrire des conneries.
Heureusement, le concept même de l’open space et ses conséquences sur l’organisation du travail, me mettent à l’abri de ce genre de dérives, que je réserve exclusivement - ou presque - aux cas exceptionnels et aux week ends gris. C’est d’ailleurs ce qui fait que je ne suis pas un véritable bloggeur. C’est une vraie discipline d’écriture, un travail d’écrivain, auquel je ne consacre pas le temps et les efforts necessaires.
Vous vous laissez aller quant à ma compagne, cher Disciple, et risquez de déclencher ses foudres, aussi bien à mon encontre qu’à la votre.
Vous jouez avec le feu, et croyez moi, je sais de quoi je parle. Vous devriez, je vous l’implore, montrer plus de déférence à Mekameta, si ce n’est par respect, du moins par crainte.
Non, en vérité, Mekameta ne ferait jamais cela.
Pour le reste, votre plume est excellente. Marquis du web 1.0 en quête de baronnie 2.0, c’est un dilemme qu’ont du connaître bien des blasons lors du second empire, et c’est bien là tout mon drame. Ce trait de plume est admirable, à la fin de l’envoi, je touche… Bravo.
Vous prétez à Madame bien des violences, ce n’est pas qu’elle en soit dépourvue, mais elle ne l’exprime pas ainsi, je vous l’assure.
Quant au reste, c’est criant de vérité, tout en semblant venir d’un autre âge. De mon temps, on télécharge du porno sur internet, si mon réveil est 2.0, comment pouvez vous imaginer qu’il en soit différemment pour mes activités onanistes ?
Cher Disciple,
je dois vous remercier pour m’avoir tant fait rire! cette description de notre vie quotidienne - bien que fausse, mais je vais y revenir - est très très drôle! nous l’avons savourée ensemble, tous les deux vautrés sur notre canapé2.0, avec nos mac book pro sur les genoux. ah oui! car vous l’aurez deviné, non seulement MrBoin a le melon, mais il est aussi terriblement snob! il est avant tout snob avec trois choses :
- les montres (une passion tenace et encyclopédique des montres mécaniques. je peux vous assurer que cette passion là est ancrée dans son esprit scientifique et son amour sincère du pouvoir de création de l’humanité).
- l’intelligence. MrBoin a le melon, c’est vrai. je ne peux pas nier quelque chose qui m’agaçe parfois prodigieusement! seulement voilà : il en a les moyens. je vous assure qu’en cinq années de vie commune et de joutes verbales, j’ai bien essayé de le désarçonner (et il m’arrive d’y arriver, ça pimente notre vie de couple!), mais rien à faire, c’est du solide. il est doté d’une cervelle redoutable. du genre qui fonctionne en silence, l’air de rien, qui calcule rageusement, qui décortique avec précision. c’est un scientifique, un homme qui, je le cite : “croit aux mathématiques” avec une foi de mystique. car je pense tout comme lui que réduire la science à la seule et simple étude des faits objectif serait une niaiserie. c’est beaucoup plus que cela, c’est une vision du monde, une façon surtout d’agir sur lui. dans son cas, la science est un héritage, comme une marque de fabrique, voire un gage de qualité.
- enfin, les ordinateurs. Mr Boin est un amoureux des machines de précision (les montres mécaniques, donc, et les outils les plus récents). comme il aime aussi le design (surtout l’architecture en fait, autre discipline de mégalomanes, mais vous l’aurez sans doute remarqué), il ne s’entoure que d’ordinateurs Apple. son snobisme sur ce point est sans limite, et très ruineux. mais cela ne me déplait pas, je dois l’avouer. d’une certaine façon, c’est son petit folklore personnel. c’est un geek qui aime les Macs. c’est un scientiste esthète. snob, je vous dis! si vous m’avez googlé, vous devez savoir que je suis sémiologue, de l’intello de la pire espèce, avec un gros melon, moi aussi. il se trouve que mon snobisme à moi, ce sont les chaussures. non pas les chaussures chères (je ne suis pas vénale, c’est un vrai handicap), mais les belles, les anciennes, les pièces uniques. quand MrBoin m’entend parler de chaussures ou d’art (ma vraie passion, ma foi personnelle), c’est lui qui me dit “tu es snob, chérie”. voyez, on ne s’en sort pas…
Donc, vous avez raison sur ce point : Mr Boin a le melon. j’ai fini par comprendre, et je voulais partager cette analyse avec vous, cher Disciple, que cette megalomanie était plus superficielle que réelle. c’est plus une question de mise en forme, d’expression et d’attitude, si vous pouvez vous représenter la chose. il a un côté “coq” qui traduit une ambivalence identitaire : une vraie puissance intellectuelle qui se traduit concrètemennt chez lui par le “faire” et non par le discours sur le “faire”, d’où une certaine maladresse dans l’écrit… excusez-le, tout le monde ne peut avoir votre qualité de plume (qui, soit dit en passant, traduit à sa manière un melon très conséquent); et parallèlement une forte sensibilité, cette douceur et cette fragilité toutes masculines. l’attitude de coq sert à faire écran, à détourner habilement l’attention de l’adversaire, mais c’est un sincère, un passionné, un “pur”!
je suis d’accord avec vous sur la dimension excessive de ce masque, mais n’est-ce pas une parade basique dont les hommes ont l’habitude d’user? n’en abusez-vous pas vous même de temps en temps? n’est-ce pas l’apanage de la confiance en soi, qui, chez beaucoup de personnes, nécessite pour sa survie de se nourrir de l’impuissance de l’autre? je suis d’accord, c’est toute la stupidité et la faiblesse des hommes… les femmes passent leur temps a la pardonner.
mais revenons à cette hilarante description de notre quotidien. je suis une lève-tôt. sitôt un oeil ouvert, hop! la cervelle se met en route, ça mouline dès le petit déj’. MrBoin n’est en effet pas du matin, il ne grogne pas trop, mais ne peut pas exister avant ses 3 double cafés. il lui arrive en effet de s’avachir dans le canapé toute une journée, avec son ordinateur, c’était bien vu.
Je suis, vous l’avez bien dépeint, une fille qui grogne. surtout le matin. en revanche, je ne hurle pas d’ordres sur le Web2.0 à MrBoin, il se les hurle tout seul, comme un grand, 24h/24, ça ne servirait donc à rien. je ne gifle pas non plus. ni MrBoin, ni personne, je n’y suis jamais parvenue. en revanche, je casse des verres. c’est important, pour donner plus de détails véridiques à votre prochain commentaire! je casse la vaisselle essentiellement par maladresse (nous n’avons pas de machine de précision pour cette basse besogne. Monsieur cuisine, je lave la vaisselle, c’est notre deal), mais aussi parfois quand je crie contre MrBoin, mais généralement, et heureusement, cela n’a rien à voir avec le web2.0. quoique, la vie avec ce type d’entrepreneur passionné, ce n’est pas facile tous les jours pour l’entourage…
concernant cette affaire de Ladiesroom, je lui ai justement demandé de ne pas s’en mêler, car j’en avais assez d’en entendre parler au quotidien. mais que voulez-vous, il est têtu et s’est mis en tête de commenter une situation exemplaire des nouveaux comportements sur Internet. c’est un passionné, je vous l’ai dit…
en revanche, cher Disciple (de qui êtes vous donc le disciple, d’ailleurs?), pourquoi me dépeindre en Cruella de banlieue? pourquoi ce masque de mégère frustrée? j’imagine que c’est en réponse à cette lâche excuse que Mr Boin a tenté de vous servir? vous avez visé juste : je n’y suis absolument pour rien. je ne l’ai pas menacé, ni directement, ni indirectement, pour qu’il prenne ce ton docte et parfois agaçant. merci de l’avoir compris.
Mr Boin est un timide finalement, il a préféré se cacher derrière une petite amie éxigeante (qui n’aurait pas supporté, en effet, de le voir s’abaisser) plutôt que de vous exprimer justement, sa passion pour Internet (depuis le 0.0.1, jusqu’aux .X).
c’est un homme, vous savez. les femmes savent que le melon n’est qu’une coquetterie…
Ah, La Peste, La Peste. Ma petite peste à moi sur son bien dire et son joli écrire. Soyez rassurée, je m’en vais vous melonniser comme de juste tant il ne sera pas dit qu’on peut s’enfler d’importance à tout propos comme vous le faites de querelles de bibus en piques nauséabondes, en tout cas pas sur le web 2.0 (vous avez vu, mon bon Boin, comme j’apprends vite?).
Et comble de votre félicité, j’entends bien vous melonniser à l’originale, sans convoquer les grands auteurs ni la sagesse proverbiale (encore que j’ai quelque raison de croire que le biblique « la femme sage batît sa maison et la femme insensée la renverse de ses propres mains » ait certaine pertinence appliqué à vous), mais bien à un vers de mon cru, libre de droit et d’usitage.
Ainsi à vos meilleures lignes:
« après avoir lu et relu les mails reçus de Mme Anne Humbert, rédactrice en chef de ce magazine et fâchée avec l’orthographe et la grammaire (sacré métier, le journalisme !). »
« mais, oh, ce n’est rien, juste un détail qui me chagrine… Permettez, Le Disciple, pour vos futures envolées : “à l’envi” ne prend pas de “e”.
Psychorigide.
Je ne me soigne même pas.
Mmmm, c’est bon… «
Qu’opposer sinon:
Voici dit en deux mots ce que ne puis en mille:
Le bonheur qu’ont les sots d’être nés imbéciles.
Parce que, fanchement, outre que l’orthographe est notoirement la science des sus cités, vous écrivez cela pour brocarder la cible et le commentateur d’un blogueur qui possède de toute évidence une vision toute personnelle des règles qui vous agitent ( « cet article à soit le ton d’un éditorial », « d’entré, le ton est donné », « là, ca commence a partir en couille ») alors là même qu’ayant davantage de scrupules que vous, je ne m’étais pas aventuré sur ce terrain médiocre. Par ailleurs vous n’avez pas eu la finesse de tirer un parti opportun de ma cacocraphie (laquelle, s’entend, était de distraction et non endémique), à savoir l’émotion (en l’occurence, l’indignation) qui a dû être mienne pour faire ainsi fourcher ma plume. J’ajouterai, pour avoir eu le déplaisir de vous lire ici et là, qu’il me semble que quand on possède à peine assez de mots de Français pour exprimer la pleine mesure de son hystérie (alors que je vous concèderais volontiers qu’elle semble de nature à susciter des développements littéraires spectaculaires), on y réfléchit à deux fois avant de condescendre sur les écrits d’autui.
Pour le reste: « la propagande vomie par Heaven : les comptes rendus des présentations de Ladiesroom faites par Arthur Kannas sont d’intéressantes farces dans lesquelles il est question d’une grande aventure humaine, j’entends presque résonner la musique de Woodstock », ou encore morceaux choisis piochés sur Epidemik: « Kannas, qui frétille du croupion en évoquant le succès de “aufeminin.com”, se voit sans doute reproduire l’exploit avec Ladiesroom… Mais aufeminin.com est sans aucun doute mieux géré que son torchon 2.0 : Ladiesroom, quoi que prétende ce marketeux, ne fonctionne pas si bien que ça » , « Anne Humbert écrit comme un pied et a de toute évidence divorcé deux fois : une fois d’avec l’orthographe, une deuxième fois d’avec la grammaire. Remarie-toi, chérie, au moins avec un des deux, tu seras déjà plus crédible… Mais il te manquera toujours l’essentiel : le professionnalisme, le sens de la mesure, une certaine dose d’intelligence, et je ne parle même pas des qualités manageriales essentielles à tout chef d’équipe », vous êtes haineuse et pour cela, je vous plains. Et puis je n’ai toujours pas très bien compris ce que vous avaient fait ces gens. Vous ont-ils spoliée en quelque façon que vous les agonissiez de la sorte? Je veux dire, que le but d’une société comme Heaven soit de faire des sous, baste, la belle affaire, le sacré scoop, il faut bien faire bouillir la marmitte. Mais en quoi cela empêche-t-il les aventures humaines et en quoi cela suppose-t-il la farce ou l’escroquerie? Sur ce point là comme sur beaucoup d’autres vous calomniez davantage que vous ne témoignez, a fortiori, argumentez.
Bref, vous aurez également compris l’idée force de ce post: il me semble que vous avez de votre personne une opinion plus flatteuse que les appétitis médiocres que vous étalez à l’envi (ah ah suis-je taquin) ne laissent présager.
“il me semble que vous avez de votre personne une opinion plus flatteuse que les appétitis médiocres que vous étalez à l’envi (ah ah suis-je taquin) ne laissent présager.”
retour à l’envoyeur!
tout le monde a le melon sur boinblog!! ça ferait une sacrée baseline pour le blog.
Là, Disciple, je dois l’avouer, La Peste porte bien son nom, et ses propos, où le respect scrupuleux de la grammaire se mèle à l’irrévérentieux le plus trash, sont souvent excessifs. Cela explique sans aucun doute le clash avec Ladiesroom, et son empressement à les descendre ainsi.
J’ai sur l’affaire - Heaven, Ladiesroom - des opinions bien plus proches des vôtre au demeurant. Moi non plus, je ne vois pas pourquoi business et aventure humaine ne pourraient se méler, et je suis assez réaliste sur la dose necessaire de cynisme (dont je ne manque pas moi même) à ajouter à un tel mélange pour qu’il fonctionne.
Mais que voulez vous, Disciple, dans le pays du politiquement correct, nul n’est prophète, et tous ceux qui tentent d’arracher Excalibur à son roc sont contraints d’aller voir ailleurs s’ils y sont.
La position d’Arthur n’est pas facile, et chose curieuse, peu enviable, alors qu’il fait plein de choses tout à fait honnorables, en faisant évidemment les compromissions inhérentes aux principes de réalité. Comme je le soulignais à la fin de mon bilet, le probleme n’est pas à mon sens à trouver chez Arthur, mais dans la mentalité ambiante de ce début de siècle dans une France qui se cherche et qui ne se plait plus.
Quant à Anne H, vilipendée de la sorte (La Peste, mon Dieux, que de méchancetés), je comprends mieux pourquoi elle fini par s’énerver de la sorte. Gageons que son entourage professional finira par déteindre sur elle, elle n’a pas mauvais fond, j’en suis sûr. Elle partage d’ailleurs avec vous cette déférence automatique aux anciens, fanatisme d’un autre âge où ancienneté et experience allaient de pair, et réconfort de nos parents. Une bonne partie de shoot them up avec un adolescent remet ceux, moins vieux, rapidement à leur place. Les gamins de vingt ans m’en apprenent bien plus sur le web 2.0 que ceux de 60, c’est vrai que c’est curieux, moi aussi, je suis né dans un monde où l’expérience des anciens et le mur de Berlin semblaient être des valeurs sûres.
Monsieur,
vous vous êtes permis de citer mon nom dans votre commentaire, aussi, je me dois de répondre par la présente.
Tout d’abord, permettez moi de clarifier ma situation quant à mes relations avec les protagoniste de cette sinitre histoire.
Boin et Mekameta sont mes maitres, je suis donc, et je vous prie de bien vouloir en tenir compte à l’avenir, la première Disciple du Boin.
Disciple, mais aussi victime, car la vie de Disciple de Boin et Mekameta n’est pas quelquechose d’enviable, et je m’empresse, par la présente, de vous sommer de renoncer à votre vocation.
Vivre avec deux intellos n’est pas chose facile, quand on est soit meme passionnée par des sujets comme les télénovelas brésiliennes ou le foot à la télé.
J’adore ces petits trucs qui virevoltent, ce fond vert me rend hystérique face au téléviseur les soirs - trop rares - on un match passe sur la télé dans le salon…
C’est pour ainsi dire ma seule disctraction culturelle, et elle est rare. Pour le reste, je suis obligé de regarder des films qui ne sont même pas en Français, ou d’écouter du Philippe Glass à fond dans les oreilles, ce qui est très perturbant pour quelqu’un dont le spectre sonore est bien plus large que le votre et qui n’aspire qu’à une chose dans la vie…
…dormir… oui, c’est de loin mon activité favorite, avec le ronronnement.
Mais comme je vous le disait, la vie de Disciple est pénible, je suis, plusieurs fois par jour, c’est une religion et une dévotion exigeante, sommée de me livrer à des cérémonies ridicules qui n’ont pour seul but que de poser de façon intime mais institutionalisée ma soumission au Boin et à Mekameta.
J’en veux pour témoin ce cliché ridicule (je tiens tout de même à préciser que je sortais d’une sieste au moment où cette photo a été prise, et que je n’y suis pas à mon avantage, mais même Carla Bruni, au réveil, vous savez…)
Tout cela pour vous conjurer, Monsieur, de renoncer à cette vocation naissante. Rien de bon n’en sortira, vous vous retrouverez obligé, par des forces mystérieuses, à présenter de façon mécanique et surtout impuissante, vos dévotions pluri quotidiennes. Ca finit par être vexant, croyez moi.
Oh, bien sûr, je n’ai pas à me plaindre, d’autres de mes congénères vivent une vie de manteau ou de lièvre chasseur, je suis nourrie (trop, mais Boin est faible et se laisse aller parfois à être généreux), blanchie (je m’en charge moi même en réalité, ça m’occupe), et parfois, on m’amène à la campagne, ce qui me change agréablement d’une appartement Parisien. Je sais, quand je dis cela, que vous me comprenez.
Mais vraiment, ces dévotions quotidiennes, je n’en peux plus. Renoncez à ce sacerdoce, vous y laisserez votre âme, vous en perdrez le sommeil.
Bien à vous.
Bidule, le chat.
PS: Miaou
Bidule, tu n’es pas une disciple, tu es un PARASITE gras et poilu (et tu laisse des poils partout…) nuance.
je ne suis pas du genre a pratiquer la joute verbale, disciple, en tout cas pas avec des cretins nevrosés dans ton genre. alors, si tu es un Homme avec un grand H au cas ou tu serais trop debile pour l’avoir remarqué, ben , on va aller prendre un verre et puis on va s’expliquer. Face a face. pas planqué derriere ton ordi. Tu te permets de te servir de l’intimité de personnes auquelles je tiens et ca , ca ne me plait aps du tout. c’est pas la peine de me pondre un commentaire, je m’en tape. Oui, je ne suis pas fine, oui je suis certainement une connasse mais tu verras, c’est marrant comme quand on est en face de moi, on la ramene moins… allez.. chiche?
Cher Disciple,
Je suis fan. Vous êtes très drôle : “les appétits médiocres”, c’est excellent ! “à peine assez de mots de Français pour exprimer la pleine mesure de son hystérie”, génial aussi…
Haineuse, non. Hargneuse, probablement.
Mais alors que vous m’avez tant fait rire, je ne peux pas l’être avec vous, ce serait de très mauvaise foi : nous ne sommes pas d’accord sur le fond, c’est tout. Et mon hystérie est impuissante devant mon sens de l’humour : je ne résiste tout simplement pas aux gens qui me font rire, même à mes dépens.
Et à ce stade, même cette phrase est risquée, car j’imagine que vous pourriez aisément trouver matière à vous moquer, mais ça m’est égal car si vous le faites, je sais que ce sera drôle. Et si vous ne le faites pas, eh bien j’estimerai m’en tirer à bon compte.
Mais même hystérique et hargneuse, je ris de bon coeur, parce que j’ai adoré lire tout ceci.
Bonne soirée à vous !
Ah, désolée, j’avais oubliée d’être hystérique pour de vrai, je suis navrée, ça m’arrive parfois. Et comme je suis encore touchée par la grâce (la magie de Noël), je vais ajouter une bonne touche de vulgarité à mon hystérie.
Donc, je vous emmerde.
Quand même.
Si vous n’avez rien de mieux à faire ce soir que d’épiloguer là-dessus, je vous plains (chacun son tour).
En attendant, une soirée géniale nous attend dans la vraie vie, Boin, Mekameta, Cholera et moi-même.
On se casse, dites ? Il n’a qu’à parler tout seul…
je te suis, La Peste…
Je confirme, à l’heure où j’écris ces ligne, elle est en train de danser sur Justin Timberlake.
Dites-voir, Norman Bates le Disciple, faut-il que vous soyez diablement aigri, perturbé du paléo et du néocortex pour vous permettre, dans un style roccoco-baroque des plus ringards et indigestes -contrefaçonnant poussivement les grandes plumes des Lumières- de tels poncifs caricaturaux sur l’hystérie féminine. Vos propos respirent la crasse bêtise des egos surdimensionnés enfermés dans leur chambre par haine sournoise du vivant, de l’humain. Votre perversité suinte par chacun de vos mots, peut-être avez-vous éjaculé en rédigeant vos posts, qui ont dû vous demander soin et temps, beaucoup de temps, trop pour ne pas faire songer à un maniaque dévoré par l’ennui.
Mazette. C’était censé être quoi, ça? Une action commando du gang des mères poissardes? Une descente de harengères des Halles? Un bon vieux lynchage sauce western à la mode pétroleuses (Claudia Cardinale en moins)? L’acte fondateur d’une mesnie Hellequin 2.0? Les jappements frénétiques d’une meute de Fox Terrier accrochés à mes mollets? Me voilà singulièrement habillé pour l’hiver, quoi qu’il en soit, et pour cela, soyez remerciées.
A l’attention de Mekameta:
« en revanche, cher Disciple (de qui êtes vous donc le disciple, d’ailleurs?), pourquoi me dépeindre en Cruella de banlieue? pourquoi ce masque de mégère frustrée? j’imagine que c’est en réponse à cette lâche excuse que Mr Boin a tenté de vous servir? »
Louée soit votre sagacité.
« les montres (une passion tenace et encyclopédique des montres mécaniques. je peux vous assurer que cette passion là est ancrée dans son esprit scientifique et son amour sincère du pouvoir de création de l’humanité) »
« il est doté d’une cervelle redoutable. du genre qui fonctionne en silence, l’air de rien, qui calcule rageusement, qui décortique avec précision. c’est un scientifique, un homme qui, je le cite : “croit aux mathématiques” avec une foi de mystique. car je pense tout comme lui que réduire la science à la seule et simple étude des faits objectif serait une niaiserie. c’est beaucoup plus que cela, c’est une vision du monde, une façon surtout d’agir sur lui. dans son cas, la science est un héritage, comme une marque de fabrique, voire un gage de qualité. »
Ces passages là étaient pour la bonne bouche. De grâce, n’en jetez plus, j’ai manqué me fêler une côte. Rendez-vous compte. Un pensum sur la science, maintenant. Et quel pensum: la cohomologie de De Rham réduite à un train d’engrenages. L’épistémologie dans la bricole. La mathématique dans les comptes de fin de mois. Le chat de Schrödinger mis à la portée des caniches. Décidément, en cela aussi il aura fallu que vous soyez orfèvre (ah non, pardon, horloger), monsieur Josse (mister Boin dans la version 2.0). Là où il repose, notre cher Molière doit manger son chapeau de ne pas avoir croqué un personnage de votre stature.
“il me semble que vous avez de votre personne une opinion plus flatteuse que les appétits médiocres que vous étalez à l’envi (ah ah suis-je taquin) ne laissent présager.”
retour à l’envoyeur!
tout le monde a le melon sur boinblog!! ça ferait une sacrée baseline pour le blog.”
Oui, sans doute. Je ne vous disputerai pas le point (guère envie de polémiquer sur les anti-concours de bite à la sauce melon). Nonobstant il est une règle éthique assez salutaire pour l’épreuve du miroir que mon melon à moi observe scrupuleusement (et que je vous recommande à l’occasion): ne jamais brocarder l’effort créatif de quelqu’un sans proposer d’alternative conséquente à son geste.
A l’attention de Cholera:
« mais tu verras, c’est marrant comme quand on est en face de moi, on la ramene moins »
Vous ajoutez le conte burlesque à la gouaille ordurière (« des cretins nevrosés dans ton genre »). Je veux dire, quelle singulière lubie peut bien vous donner à penser que je pourrais me déballonner en face de vous? J’entends bien que le procédé est commode qui consiste à spéculer à son avantage sur la défaillance de son contradicteur, mais pour que la mayonnaise prenne, entendez pour que l’effet de manche joue son rôle, il convient encore que l’allégation ait quelque caractère de plausibilité. J’entends bien également quelle doit être la douceur de vivre au fil des pages de ce joli petit livre dont vous êtes l’héroïne mais je crains néanmoins qu’il vous faille tôt ou tard en confronter les mythes fondateurs au douloureux principe de réalité : toutes les Jacky du monde ne s’appellent pas Kennedy, prenez Jacky Sardou par exemple.
A l’attention de La Peste:
« je vais ajouter une bonne touche de vulgarité à mon hystérie.
Donc, je vous emmerde. »
Ah mais le voilà enfin, votre argument massu, votre idée force, votre ipséité créatrice, bref votre génie propre. Il faut vous dire qu’on commençait à se poser quelques questions. Heureusement notre attente se trouve récompensée de belle manière, à telle enseigne que nous voilà désormais tout à fait convaincus de la puissance de vos arguments, de la qualité de votre jugement et de la pertinence de vos analyses.
A l’attention de Scorbut:
« dans un style roccoco-baroque des plus ringards et indigestes ».
Oui, hein? C’est fou comme le style devient vite indigeste dès lors que le propos nous dessert.
Pour le reste, je dirais, c’est comme d’hab’:
1/ allégations oiseuses: « qui ont dû vous demander soin et temps, beaucoup de temps, trop ». Qu’en savez-vous? Je veux dire, que vous soyez très au fait de mes jaillissements séminaux (« peut-être avez-vous éjaculé en rédigeant vos posts ») est une chose (après tout mes vingt ans furent tumultueux et j’ai croisé beaucoup de monde…) mais j’ai un peu plus de mal à comprendre comment vous pourriez bien vous figurer ce qu’il en des littéraires.
2/ approximations en tout genre: « contrefaçonnant poussivement les grandes plumes des Lumières ». Etes-vous tout à fait certaine qu’il ne s’agisse pas plutôt d’une manière à la mode du siècle précédent?
3/ raccourcis captieux: « de tels poncifs caricaturaux sur l’hystérie féminine ». Euh… Savez-vous que les écrits de la dame sont en ligne? Je veux dire, ce n’est pas comme si je n’avais pas eu le loisir de juger sur pièces et que j’inférais son caractère hystérique de sa seule féminité.
4/ calomnie et ordure: « maniaque dévoré par l’ennui », «vos propos respirent la crasse bêtise des egos surdimensionnés enfermés dans leur chambre par haine sournoise du vivant, de l’humain Votre perversité suinte par chacun de vos mots », « diablement aigri, perturbé du paléo et du néocortex », « Norman Bates le Disciple ». Pas très 2.0, Norman Bates, dites donc (Boin, si tu me lis…). Accordez-moi tout de même le bénéfice de la couleur, voulez-vous ? Je ne sais pas, servez-moi du Hannibal Lecter ou du Jack-de-tous-les-coups, par exemple.
Bref, une bien jolie marque de fabrique.
Mon cher Disciple, votre prose s’améliore à chaque réponse, je vous en félicite.
Effectivement, je rectifie le style, plutôt les Frères Goncourt que Voltaire.
Pour le reste…j’ai des choses plus fructueuses à accomplir ces prochaines années.
ben ca se confirme…
“Je veux dire, quelle singulière lubie peut bien vous donner à penser que je pourrais me déballonner en face de vous?”
ben parce que tu baises pas assez et qu’en face de moi, tu verras , t’auras qu’une envie, melon, c’est de me sauter! Resultat garanti, j’en fais le pari…
allez, melon, tu parie? on se le fait ce verre?
mais ou est t il donc passé? Lache ton dico, becherel, dico des citations, prose du 18 eme chéri!!
Melooonnnnnnnn? reviens!!
“Ces passages là étaient pour la bonne bouche. De grâce, n’en jetez plus, j’ai manqué me fêler une côte. Rendez-vous compte. Un pensum sur la science, maintenant. Et quel pensum: la cohomologie de De Rham réduite à un train d’engrenages. L’épistémologie dans la bricole. La mathématique dans les comptes de fin de mois. Le chat de Schrödinger mis à la portée des caniches. Décidément, en cela aussi il aura fallu que vous soyez orfèvre (ah non, pardon, horloger), monsieur Josse (mister Boin dans la version 2.0). Là où il repose, notre cher Molière doit manger son chapeau de ne pas avoir croqué un personnage de votre stature.”
Que voulez-vous, cher Disciple, l’amour fait faire des folies!… je ne prétends ni être une scientifique, ni une grande plume, je n’ai pas les moyens de votre Melon. en revanche, concernant ma sagacité, elle est en effet louable (la sémiologie est pour cela une pratique très efficace! ce ne sera jamais une école littéraire).
“Je ne vous disputerai pas le point (guère envie de polémiquer sur les anti-concours de bite à la sauce melon). Nonobstant il est une règle éthique assez salutaire pour l’épreuve du miroir que mon melon à moi observe scrupuleusement (et que je vous recommande à l’occasion): ne jamais brocarder l’effort créatif de quelqu’un sans proposer d’alternative conséquente à son geste.”
je trouve bien dommage que vous n’ayiez pas pris la peine de me répondre, concernant cet “anti-concours de bite à la sauce Melon”, car c’est justement ce qui m’intéresse dans vos interventions… pourquoi perdre votre (précieux? rassurez moi) temps à venir polémiquer sur ce blog? pourquoi acérer votre plume de la sorte pour des personnes qui ne vous inspirent, en apparence, que du mépris?
concernant cette “règle éthique” que vous faîtes vôtre, il y en a une autre, pourtant basique, que vous ne semblez pas connaître : la bonne foi. il m’avait pourtant semblé vous avoir répondu en conséquence. certes ce petit clin d’oeil à la sauce publicitaire n’était pas étayé, mais cela le méritait-il vraiment? j’en doute. je ne sais pas faire rimer grand’chose avec “melon”…
quoi qu’il en soit, je suis ravie que nous ayions pu rire de nos défauts respectifs, c’était très rafraîchissant!
c’est que je m’inquiète maintenant….Melon, t’as trop muri? t’as la queue qui tombe? tu deviens ramollo? tttttt!! allez, pour la nouvelle année , je t’offre le dictionnaire des lettres françaises au 18eme siècle, de Grente, edition 1998 (tu remarqueras que je ne me moques pas de toi) … pour me faire pardonner! ou une pipe peut etre? Faut te detendre, mon canard,elle est toute enervée, ma melone!!
Salut,
Je passe par là (pas complètement par hasard, je bosse chez heaven) et je voulais juste apporter une petite précision, qui n’a rien à voir, au 5eme paragraphe de ce post qui cite Le Monde, Le Canard Enchainé et Marianne comme étant tout ce qui nous reste de presse indépendante.
On peut certes considérer que ces 3 journaux appartiennent encore majoritairement à “l’interne”. Mais de là à les considérer comme indépendants, ce serait oublier bien vite que leurs principaux actionnaires extérieurs sont Lagardère dans le cas du Monde (un peu plus de 15% je crois) et Yves de Chaisemartin (25,4%) pour Marianne.
Lagardère qui est donc par ailleurs très gros actionnaire de EADS, un des principaux fabriquants d’armes en Europe, (d’ailleurs blacklisté par le fonds d’investissement pétrolier norvégien pour ces activités dans la fabrication d’armes à fragmentation) et Yves de Chaisemartin, mois connu, mais ex-DG du Figaro et actuellement senior advisor pour l’Europe du fameux groupe Carlyle, dont on connait l’appétit international pour tout ce qui ressemble à une arme ou à un media.
A ma connaissance, les seuls journaux encore réellement indépendants en France sont donc le Canard Enchainé et Charlie Hebdo.
François, tu as tout a fait raison, et c’est d’ailleurs assez flippant : Le Canard Enchainé et Charlie Hebdo sont en effet tout ce qui nous reste de presse independante… Mea Culpa.
Les fonds d’investissement ne sont pas necessairement des disciples de Satan, mais il est vrai qu’ils changent de façon radicale les entreprises qu’ils investissent… C’est la triste règle du jeu.
Au passage, chapeau à Heaven pour leur réaction (et leur trackback), un peu d’humour ne fait jamais de mal. D’autant qu’en effet, le manque de transparence n’est pas un crime majeur, ce n’est pas comme si il y avait chez eux une armée de petits chinois affamés dans les caves à coder ou s’ils avaient bassement manipulé l’opinion publique pour faire élire je ne sais qui.
Pas de quoi fouetter un chat en somme, tout juste un petit accroc à une éthique ‘web 2.0′ que chacun accomode à sa sauce (moi y compris). Je suis sur que Ladiesroom s’en remettra sans mal (surtout maintenant que Heaven s’en mèle).
une erreur s’est glissée dans ces commentaires.. à savoir moi! je presente toutes mes excuses pour mon manque de talent litteraire..
ceci dit, je maintiens que Melon a besoin de se detendre…
Je m’inquiete, j’ai lancé une alerte enlevement…Nicolas a , bien entendu, tout laché (y compris Carla) pour te retrouver.
On ne t’oubliera pas , Melon. Tiens bon! on arrive!
merci François pour ces justes précisions. votre commentaire replace ce débat sur Ladiesroom a sa vraie place, de deux façons paradoxales :
- à l’échelle de ces mouvements financiers et médiatiques, les problématiques de transparence de LR semblent bien peu de choses.
- dans une autre perspective, la même problématique de Ladiesroom comme expérimentation d’un avenir possible des groupes de presse sur Internet fait un peu froid dans le dos… non?
Bien entendu, je compare des évenements qui ont des échelles très différentes, mais il faut comprendre que certaines personnes puissent vouloir regarder les choses autrement, sous d’autres points de vue que cette idéologie faussement tendre de la libre entreprise. certes, les personnes qui travaillent chez Heaven sont des professionnels et probalement des passionnés, mais inventer de nouveaux médias devrait entraîné la mise en place d’une éthique en béton armée, et l’acceptation de critiques, fussent-elles maladroites.
Pour ceux qui viennent d’arriver, Disciple dit “Melon” aime à pondre des commentaires super chiadés afin d’expliquer à quel point mes potes sont nases..Le problème, c’est qu’il met en moyenne 4 jours pour pondre un commentaire. Reflexion? Documentation? Une application d’eleve d’ecole elementaire pour pondre des formules ultra compliquées au lieu de faire simple? Toujours est il que Melon a tout mon respect.. il a inventé un nouveau concept: le commentaire diesel. si mes calculs sont justes , on devrait avoir des news d’ici 3 jours. quelqu’un veut faire un baby foot en attendant?
C4est enorme! C’est concept! C’est Melon!
> Mekameta, Fabrice : ces sujets sont trop complexes pour que je puisse continuer ici (mes opinions sont assez radicales et n’ont pas à rejaillir sur heaven), mais trop passionnants pour qu’on s’arrête là !
Le temps de trouver vos mails et on continue en privé.
Un Trackback
[…] candidats, chers clients, ne venez plus chez nous. Au moins un de nos boss est un menteur , notre agence est malhonnête , nous ne comprenons rien à la nécessité de transparence […]