Comme beaucoup de dinosaures de l’Internet, j’ai encore des cicatrices du grand crack de 1929… heu, non, de mars 2000. Je ne suis pas si vieux.
Ce crack ma laissé de mauvais souvenirs, pas mal d’opportunités gâchées, de grosses pertes financières, mais aussi un carnet d’adresse dans le milieu de la finance.
Or ces derniers temps, s’il est une chose que le milieu de la finance s’accorde a dire, que ce soit les plus pessimistes (comme Marc Fiorentino, qui malheureusement, s’avère avoir raison la plupart du temps), ou les plus optimistes, c’est qu’un crack est imminent.
Contrairement à mars 2000, je n’ai plus une seule action dans mon portefeuille, et la perspective d’un crack ne me préoccupe que sur une seule et unique dimension : quelles seront les conséquences sur le monde de l’internet.
Les rapports de l’internet et de la finance ont considérablement évolués depuis 7 ans, pour ne pas dire qu’ils se sont assainis.
Il n’y a plus ou presque plus de startups introduites à la va vite sur le marché, et leurs valorisations (pour celles qui sont cotées, pas celles qui sont rachetées) sont relativement raisonnables.
Les startups ne sont plus financées ex-nihilo à coups de millions, mais avec quelques centaines de milliers, mettant de facto les fonds d’investissement hors jeu, ceux ci étant relégués à financer, à des valorisation élevés, des entreprises déjà solides, voir à jouer avec le feu en rachetant n’importe quoi en espérant faire une jolie culbute (ce fut le cas avec DoubleClick, c’est raté avec Musiwave).
Les grands gagnants au jeu du financement des startups sont aujourd’hui plus les business angels que les fonds d’investissement, au point de pousser ces derniers à muter en profondeur pour venir jouer dans la cour des premiers (aux States, ici, on en est loin).
Par ailleurs, on ne spécule plus sur un futur hypothétique comme en 2000, le futur est bel et bien là, l’eCommerce est un secteur qui n’a plus besoin de faire ses preuves, et la pub sur internet se porte plus que bien, c’est même aujourd’hui le principal moteur de la croissance internet, Google remplaçant à lui tout seul la valorisation de milliers de startups qui se contentent d’en tirer leur revenus publicitaire, et qui finissent bien souvent par être rachetés par un gros du secteur.
La situation est bien plus saine, mais le secteur peut il passer au travers des gouttes en cas de crack ? C’est possible, oui.
Tout d’abord, la plupart des analystes s’accordent sur un point : en cas de crack et de descente aux enfers de l’économie, le chiffre d’affaire de la pub internet ne devrait pas souffrir, or c’est ce chiffre qui supporte la croissance du secteur. Normalement, tout devrait aller pour le mieux.
Encore plus rassurant pour ce secteur, la pub dans les média traditionels s’effondrerait en cas de crack, mettant hors jeu bon nombre d’acteurs, réduit à l’état d’engrais pour de nouveaux projet internet (la presse française pourrait finalement s’avérer être un terreau fertile, elle a déjà perdu sa crédibilité et son indépendance, elle perdrait ses financements, laissant le champs libre à un darwinisme économique dont le pays a bien besoin).
Mais derrière ces prédictions rassurantes (pour moi), se cache une ombre au tableau, qui fait curieusement écho au crack de 2000 : l’amateurisme et l’avidité face à internet du milieu de la finance.
L’une des raison du crack internet de 2000, ne nous le cachons pas, est la déferlante, à partir de 1999, d’un troupeau de jeune loups de la finances qui arrivaient, grâce à un carnet d’adresse bien rempli et un discours bien rodé, à lever des sommes folles sur des projets parfaitement stupides (j’ai fait toute ma carrière dans les années 90 en web agency, j’en ai croisé des tonnes). Or cette déferlante, d’après Mark Hendrickson de Techcrunch, est sur le point d’avoir lieu à nouveau.
Les professionnels du secteur immobilier aux US, voyant leur business fondre comme neige au soleil se réfugient sur un autre secteur d’activité, et que croyez vous qu’ils aient choisit ?
Conclusion : on pourrait bien passer au travers des gouttes, mais cela ne serait que provisoire… A moins que les fonds d’investissement, les business angels et autres financiers aient appris depuis à se méfier d’eux même… wait and see.




Un Trackback
Web : crack a venir ou pas crack ?…
Fabrice commence à se poser des questions, et explique en détail les raisons qu’i lui font penser que nous allons vers des temps… difficiles… Or ces derniers temps, s’il est une chose que le milieu de la finance s’accorde a…